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Élevage sous panneaux solaires : 5 idées reçues passées au crible
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Peut-on faire pâturer des moutons ou des vaches sous des panneaux solaires ? Oui, à condition que le parc soit conçu pour l’élevage, avec l’éleveur, dès le départ. L’élevage sous panneaux solaires suscite pourtant des doutes légitimes : place pour les engins, pousse de l’herbe, bien-être des animaux, courants parasites, avenir des terres.
Ces questions, nos équipes les entendent souvent lors des permanences publiques organisées autour de nos projets. Voici nos réponses, sources à l’appui.
Au sens du code de l’énergie, une installation agrivoltaïque est une centrale solaire qui rend un service direct à l’activité agricole, comme l’amélioration du bien-être animal ou du potentiel et de l’impact agronomiques. Cette activité doit y rester principale et significative. Appliquée à l’élevage, elle prend la forme d’une prairie équipée de rangées de panneaux, sous et entre lesquelles le troupeau pâture.
Ce n’est donc pas un parc solaire classique où quelques brebis viendraient tondre l’herbe : c’est l’élevage qui dicte la conception, de la hauteur des structures à l’espacement des rangées.
Chaque filière a ses spécificités : hauteur des structures, conduite du troupeau, aménagements. Pour les découvrir, lisez nos articles sur l’agrivoltaïsme ovin et l’agrivoltaïsme bovin.
Faux. Un parc agrivoltaïque d’élevage est dessiné autour du troupeau et du travail de l’éleveur, pas l’inverse. L’exploitant est associé dès les premières étapes du projet, pour que la centrale s’adapte à ses besoins et à son calendrier.
Concrètement, l’éleveur a son mot à dire sur :
L’objectif : que l’éleveur puisse conduire son troupeau et entretenir ses prairies dans de bonnes conditions, pendant toute la durée de vie du parc.
Faux. Les panneaux ne captent pas toute la lumière : l’espacement entre les rangées laisse passer le rayonnement solaire jusqu’au sol. Et chaque espèce végétale a ses propres besoins en lumière.
En période sèche, l’ombre des panneaux peut même devenir un atout. Selon les conditions pédoclimatiques et le dimensionnement du parc, elle peut limiter le dessèchement de la prairie en période chaude et contribuer au maintien d’une herbe plus verte, ce qui peut prolonger la saison de pâturage.
Une étude de l’INRAE menée sur deux ans (2022-2023) dans une centrale pâturée de Saône-et-Loire va dans ce sens. L’herbe y était plus haute sous les panneaux qu’entre les rangées, et de meilleure qualité : plus riche en protéines et plus digeste. Les panneaux semblaient aussi limiter l’effet des gelées tardives.
Encore faut-il bien dimensionner le parc. La part de la parcelle couverte par les panneaux est un paramètre clé, encadré par la réglementation et étudié au cas par cas. C’est pourquoi chaque projet Mexens fait l’objet d’un suivi agronomique : production fourragère, comportement des animaux et qualité des sols sont mesurés dans la durée.
Faux. Un parc bien conçu peut au contraire améliorer les conditions d’élevage. La réglementation cite d’ailleurs l’amélioration du bien-être animal parmi les quatre services qu’une installation agrivoltaïque peut apporter à l’agriculture.
Ombre, abri contre les intempéries, diminution du stress thermique : au-delà de ces atouts bien connus, les mesures de terrain apportent des réponses chiffrées.
Dans l’étude de l’INRAE citée plus haut, les brebis s’abritaient sous les panneaux lors des périodes chaudes, avec des signes de stress thermique atténués (rythme respiratoire, halètement). Le pâturage ne modifiait ni leur rythme d’activité ni la cohésion du troupeau, et leur santé (parasites, propreté) n’était pas affectée. Chez les vaches laitières, une étude de 2020 citée dans ce rapport relève un rythme respiratoire plus bas l’après-midi à l’ombre des panneaux : 66 contre 78 respirations par minute.
Cette même étude rappelle que la conception compte. Une hauteur de modules suffisante, des supports peu saillants, un parc divisé en zones et un regroupement du troupeau sans chien limitent les risques de blessure. C’est tout l’intérêt d’un parc pensé avec l’éleveur. La clôture du parc, elle, facilite surtout son travail au quotidien : regroupement, surveillance et conduite du troupeau.
Face à des étés plus chauds, cet ombrage devient un véritable outil d’adaptation pour l’élevage en plein air.
Aucun lien n’est établi avec une centrale bien conçue et entretenue. Les courants parasites, ou courants de fuite, inquiètent pourtant certains éleveurs, qui ont observé des comportements inhabituels chez leurs animaux près d’installations électriques. Ces témoignages méritent d’être pris au sérieux.
Les animaux peuvent en effet percevoir de très faibles différences de potentiel électrique, surtout au contact d’éléments conducteurs : clôtures, structures métalliques, abreuvoirs, sols humides. Mais les études montrent que ces problèmes proviennent le plus souvent de défauts électriques sur l’exploitation : installations vieillissantes, mauvaise mise à la terre, équipements défectueux, clôtures électriques.
En l’état des connaissances, aucun lien de causalité n’a été démontré entre une centrale photovoltaïque correctement conçue et exploitée et des troubles chez les animaux. Le sujet fait l’objet de travaux, notamment à l’INRAE et à l’Institut de l’Élevage (Idele), qui mène un projet pour objectiver l’impact des courants parasites en élevage.
Dans un parc agrivoltaïque, la prévention est intégrée dès la conception : structures métalliques reliées à la terre, équipements protégés et contrôlés, maintenance régulière pendant toute l’exploitation. Toute anomalie électrique, quelle qu’en soit l’origine, peut ainsi être repérée et traitée rapidement.
Faux. Un parc agrivoltaïque ne remplace pas l’élevage : la réglementation lui impose de le servir. Le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 et son arrêté d’application du 5 juillet 2024 posent des règles précises.
En fin d’exploitation, le propriétaire retrouve donc sa prairie, libérée de toute installation.
Côté urbanisme, sous réserve de respecter les critères réglementaires applicables, une installation agrivoltaïque peut ne pas être comptabilisée dans la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers au titre du suivi de l’objectif Zéro artificialisation nette (ZAN).
Chez Mexens, chaque parc agrivoltaïque d’élevage est co-construit avec l’éleveur, puis financé, construit et exploité par nos équipes. Énergéticien multi-énergies indépendant depuis 2008, Mexens (anciennement Technique Solaire) intervient de l’étude jusqu’au démantèlement.
Avant le dépôt du permis, le projet agricole est étudié avec la Chambre d’agriculture et, en élevage ovin, selon les recommandations de la Fédération Nationale Ovine (FNO), partenaire de Mexens. Pendant l’instruction du permis de construire, il passe aussi devant la CDPENAF (Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers). Une fois le parc en service, un suivi agronomique mesure la pousse de l’herbe, la valeur du fourrage et le bien-être du troupeau.
Étapes du projet, critères d’éligibilité, modèle économique : tout est détaillé sur notre page parc agrivoltaïque ovin & bovin.
Oui, à condition d’adapter la hauteur et l’espacement des structures au gabarit des bovins et au passage des engins. Ces dimensions sont fixées avec l’éleveur, projet par projet : retrouvez nos repères de conception sur notre page offre.
Pas en lui-même. Les mouches prolifèrent surtout là où la matière organique s’accumule : fumier, litières, zones d’alimentation. Au pâturage, les déjections sont dispersées sur de grandes surfaces, ce qui limite ce risque. Les zones sensibles se gèrent par de bonnes pratiques d’élevage.
Comme tout équipement électrique, une centrale photovoltaïque génère des champs électromagnétiques, principalement à proximité des onduleurs et des câbles. Sur les installations étudiées, les niveaux diminuent rapidement avec la distance et restent inférieurs aux valeurs de référence applicables au public.
Le risque est encadré. L’exploitant doit entretenir la végétation pour éviter l’accumulation d’herbes sèches, et le pâturage y contribue naturellement. Chaque projet est soumis à l’avis des pompiers (SDIS) : piste périmétrale, réserves d’eau, coupures d’urgence accessibles et mise à la terre.
Les deux, chacun dans son rôle. Chez Mexens, la centrale est exploitée et entretenue par nos propres équipes techniques pendant toute la durée du bail. L’éleveur conduit son troupeau, gère le pâturage et entretient la prairie et les haies, accompagné par un suivi agronomique régulier.
Bien conçu, un parc agrivoltaïque ne retire rien à l’élevage. Il protège le troupeau, préserve la ressource en herbe et apporte un revenu complémentaire stable. Souveraineté alimentaire et souveraineté énergétique n’ont pas à être opposées.
La clé, c’est la co-construction : un projet pensé avec l’éleveur, encadré par la réglementation et suivi dans la durée. C’est ainsi que l’on produit une énergie propre, locale et compétitive, tout en faisant avancer les territoires.
Vous êtes éleveur ovin ou bovin, propriétaire foncier ou élu ? Vérifiez d’abord si votre exploitation s’y prête avec notre article Puis-je concilier l’agrivoltaïsme avec mon activité d’élevage ?, puis contactez nos équipes pour évaluer le potentiel agrivoltaïque de votre terrain.
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