L’agrivoltaïsme : l’essentiel à savoir

Vous êtes-vous déjà demandé si l’agriculture et l’énergie, deux piliers fondamentaux du développement économique, social et environnemental, peuvent cohabiter harmonieusement sur un même espace ? La réponse est oui ! C’est justement le défi que l’agrivoltaïsme cherche à relever : concilier les besoins énergétiques et agricoles tout en répondant aux enjeux environnementaux. Plongez dans cet article pour découvrir l’essentiel et le potentiel de cette convergence innovante.

En quoi consiste l’agrivoltaïsme ?

Le terme agrivoltaïsme est une contraction des mots « agriculture » et « photovoltaïque ». Il désigne un système qui combine une production d’électricité verte à partir de panneaux solaires photovoltaïques et une production agricole sur une même surface. L’idée est d’optimiser le partage de la lumière entre les deux activités. Et ce, en tenant compte du type de culture, du type d’élevage et du climat.

Pour rappel, l’agrivoltaïsme n’est pas un nouveau concept. Il a été évoqué pour la première fois en 1981 par Adolf Goetzberger et Armin Zastrow. Il s’est ensuite développé au Japon à partir de 2004, et depuis, il s’est répandu dans le monde entier, notamment en Europe, en Chine et aux États-Unis.

Vaches pâturant dans un pré vert avec des panneaux solaires sur des structures métalliques en arrière-plan sous un ciel p

Comment fonctionne l’agrivoltaïsme ?

Le principe de base de l’agrivoltaïsme est simple : utiliser des panneaux solaires photovoltaïques pour produire de l’électricité à partir du rayonnement solaire tout en laissant passer une partie de la lumière nécessaire à la croissance des plantes et des animaux d’élevage. On évite ainsi le gaspillage de l’espace et on crée une synergie entre les deux productions.

Parc solaire intégré à une culture agricole avec des panneaux photovoltaïques alignés sur des rangées de jeunes arbres

Comment optimiser le partage de la lumière entre la production d’électricité et la production agricole ?

Le type de culture

Le type d’élevage

Le climat

L’orientation et l’inclinaison des panneaux solaires

La hauteur et la distance des panneaux solaires

Différents types d’installations agrivoltaïques possibles

L’agrivoltaïsme est compatible avec différents types d’installations. Tout dépend des ressources à disposition, du terrain (caractéristiques, contraintes, usage, surface…), du climat, de la topographie, etc.

Sur quel type de terrain agricole peut-on réaliser un projet agrivoltaïque ?

Terres d’élevage

Les terres d’élevage sont celles destinées à l’élevage d’animaux comme les bovins, les ovins (agrivoltaïsme ovin), les caprins ou les volailles. Il peut s’agir de pâturages, de prairies…

L’agrivoltaïsme peut être bénéfique pour les terres d’élevage, car il peut :

  • Améliorer le confort et le bien-être des animaux en leur offrant de l’ombre, de la fraîcheur et de l’eau.
  • Augmenter la productivité et la qualité des produits animaux en réduisant le stress thermique, les maladies et la mortalité des animaux.

Pour avoir de plus amples informations sur l’intégration de systèmes agrivoltaïques dans les exploitations d’élevage, consultez ce guide

L’agrivoltaïsme compatible avec mon élevage

Les terres de cultures

Les terres de culture sont celles utilisées pour la production végétale comme les céréales, les légumes, les fruits ou les fleurs. Nous pouvons citer les champs, les vignes, les vergers ou les serres.

L’agrivoltaïsme contribue à :

  • Protéger les plantes du stress hydrique et thermique en limitant l’évaporation de l’eau du sol et en atténuant les variations de température.
  • Améliorer la qualité et le rendement des cultures en modulant l’exposition au soleil selon les besoins des plantes.

L’agrivoltaïsme est-il règlementé par la loi ?

Oui, l’agrivoltaïsme est régi par des règlementations spécifiques. Des textes legislatifs (dont le ​décret de l’agrivoltaïsme) encadrent l’installation et l’exploitation des systèmes agrivoltaïques. Ils garantissent que chaque projet agrivoltaïque respecte les normes environnementales et agricoles (protection des droits des agriculteurs, utilisation et préservation des sols, protection des cultures…) tout en assurant une intégration harmonieuse des centrales photovoltaïques dans les activités agricoles. En d’autres termes, l’objectif est de s’assurer que l’aménagement soit réalisé de manière durable et responsable, contribuant à la transition énergétique tout en soutenant l’agriculture.

C’est pour cette raison que des autorisations administratives sont requises avant toute mise en œuvre agrivoltaïque. Celles-ci peuvent inclure des permis de construire, des évaluations d’impact environnemental, des accords spécifiques des autorités concernées, etc.

Un agriculteur marche dans une serre agricole équipée de panneaux solaires, entourée de cultures en rangées
Serre agricole abritant des cultures variées de légumes verts et de choux en rangées bien organisées sous une structure m

Les différents modèles économiques de l’agrivoltaïsme

L’agrivoltaïsme propose plusieurs modèles économiques permettant de financer les projets de manière viable et durable. Ces modèles varient en fonction des besoins et des ressources des agriculteurs, de la taille de l’exploitation et de l’objectif du projet.

Il est important de noter que le cadre règlementaire de l’agrivoltaïsme est encore en cours d’élaboration, ce qui peut influencer l’évolution de ces modèles économiques.

Pour améliorer ces résultats et poursuivre ses engagements, Technique Solaire s’est fixé les objectifs d’amélioration suivants.

Le modèle de tiers investissement, privilégié chez Technique Solaire, présente de nombreux avantages pour les agriculteurs. Dans ce cadre, un tiers investisseur, qu’il soit développeur ou énergéticien, finance entièrement le projet agrivoltaïque. Cet investisseur perçoit les revenus générés par la vente de l’électricité produite tout en versant un loyer à l’agriculteur en contrepartie de l’exploitation de ses terres.

Ce modèle est particulièrement avantageux pour les agriculteurs car il ne nécessite pas de capital initial important, leur permettant ainsi de bénéficier des avantages de l’agrivoltaïsme sans avoir à supporter le poids financier de l’installation.

Le modèle d’autofinancement, bien que théoriquement possible, est actuellement quasi inexistant dans la pratique. Cette rareté s’explique principalement par la complexité du montage du dossier et l’importance des financements à apporter. Ce modèle est particulièrement adapté aux petites installations photovoltaïques.

Dans ce modèle, l’agriculteur prendrait en charge lui-même le financement de l’installation agrivoltaïque, parfois avec le soutien de subventions ou de prêts. 

Si ce modèle était mis en œuvre, il offrirait à l’agriculteur la possibilité de consommer l’énergie produite pour ses propres besoins énergétiques, favorisant ainsi l’autoconsommation. L’excédent d’électricité pourrait être revendu au réseau public, générant des revenus supplémentaires. Cette approche contribuerait à l’indépendance énergétique des exploitations agricoles tout en offrant une source potentielle de revenus complémentaires. 

Au-delà des modèles classiques, il existe des options hybrides et participatives qui offrent une flexibilité accrue, bien que ces modèles soient encore peu développés. L’agriculteur peut, par exemple, devenir co-actionnaire du projet, que ce soit de façon minoritaire ou majoritaire. Le financement peut également impliquer la participation de citoyens ou du territoire à travers des mécanismes de financement participatif.

Ces approches permettent non seulement de diversifier les sources de financement, mais aussi d’ancrer les projets agrivoltaïques dans leur territoire. Par ailleurs, des collectifs d’agriculteurs ont la possibilité de se regrouper pour lancer des projets photovoltaïques communs, mutualisant ainsi les ressources et les risques.